Le blog de Guy Sembic

 

          Bonjour et bienvenue à vous tous

             Ce ne sera point là un "jardin secret"... Les "vrais secrets" personne ne les connaît, et ne les connaîtra jamais : ils partiront dans les étoiles avec le coeur de mon réacteur qui s'atomisera en poussière d'étoile... Mais ils rejoindront tous les autres secrets, tout ce qui n'a jamais été dit et qui est parti avec "l'expérience" traversée qui s'est arrêtée, cette expérience unique qui est celle de la vie entre deux infinis. L'un de ces deux infinis est-il la "pré-existence", l'autre est-il la mort? Je n'en sais rien. Je sais seulement que c'est différent de tout ce que les religions, les penseurs, les êtres que nous sommes, racontent, inventent, croient voir ou avoir vu...

Ce ne sera point là un "jardin secret"... Disons : une conversation à coeur et à esprit ouvert... Comme un jardin qui a "des fleurs à dire"...

Une oeuvre d'écrivain sur le Net

      Une oeuvre d'écrivain sur le Net, et essentiellement sur le Net sous la forme d'un blog, d'un site, d'ouvrages publiés en ligne et en libre consultation... A-t-elle sa raison d'être dans un monde marchand ?

Un écrivain peut-il aujourd'hui n'être encore qu'un personnage produisant des livres se vendant en librairie et,cependant être tout de même visible sur la Toile par un blog ou un site « vitrine »?

Un écrivain peut-il envisager de se produire, de s'exprimer et de diffuser lui-même, c'est à dire sans l'intermédiaire d'un éditeur et en marge du circuit habituel (promotion, publicité, médias, relations...)? Son blog ou son site peut-il être, non plus la « vitrine » de son oeuvre, mais toute son oeuvre même?

C'est le pari que je fais en ce début de siècle et de millénaire où les nouvelles technologies de l'information et de la communication deviennent des outils qui favorisent la diffusion de la littérature, de la poésie, de la culture, de la pensée, de la réflexion...

Sous le pseudonyme de Yugcib, qui est un anagramme réduit de mon nom et de mon prénom, je diffuse mes notes, articles, textes, chroniques, récits de voyage, réflexions sur l'actualité, anecdotes, souvenirs, recueils de nouvelles et livres.

La plupart des auteurs, et cela depuis l'arrivée d'internet, demeurent des auteurs qui publient et vendent des livres. Ils empruntent donc ce « passage obligé » (et reconnu comme étant incontournable) qui est l'éditeur (ou la maison d'édition) produisant et plaçant le livre... Ou ils optent (lorsqu'ils ne trouvent pas d'éditeur) pour ce qu'il est désormais convenu d'appeler « l'édition en ligne » c'est à dire la publication de leurs livres en téléchargement sur le Net, avec la possibilité pour le lecteur de se faire envoyer le livre en version papier.

La « nouveauté » si je puis dire, ce serait de se libérer totalement ou en partie, de ce « passage obligé » qu'est l'éditeur ou l'édition en ligne...

http://yugcib.e-monsite.com

http://parolesetvisages.blogs.sudouest.com/

 

 

Jean Ferrat, ce ne sera jamais fini !...

 

Il y avait Léo Ferré né en 1916 et disparu en 1993...

Il y avait Georges Brassens né en 1921 et disparu en 1981...

Il y avait Serge Gainsbourg né en 1928 et disparu en 1991...

Il y avait Jacques Brel né en 1929 et disparu en 1978...

 

Et il y avait encore jusqu'au 13 mars 2010, Jean Ferrat né en 1931 (en fait le 26 décembre 1930)...

 

Jean Ferrat était le seul de ces cinq grands compositeurs, chanteurs et poètes du 20ème siècle, à avoir connu dans sa vieillesse le “nouveau monde”, le monde d'après les années 90 du 20ème siècle... Quoique depuis un certain nombre d'années cependant, Jean Ferrat s'était retiré de la scène et de toute sa vie durant était demeuré discret, fidèle à ses engagements et à ses idées... Et un peu à l'écart des grands tourbillons médiatiques...

Nous tous, de ces générations d'entre deux mondes (les générations des gens nés entre 1930 et 1980) ont donc connu et entendu dans nos vies, ces “géants” de la chanson et de la poésie.

Le tout premier à nous quitter fut Jacques Brel en 1978.

 

En viendra-t-il encore dans le “nouveau monde”, le monde du 21ème siècle, de ces “géants”?

 

Dans “l'ancien monde” pour devenir écrivain et auteur, il fallait pour produire un livre, utiliser une machine à écrire, puis déposer l'ouvrage dactylographié ou même tout simplement manuscrit, chez un éditeur...

Pour devenir cinéaste, il fallait toute une technologie dans la mise en place de décors appropriés, une technologie du son, des studios d'enregistrement, et tout un appareillage assez complexe...

 

De nos jours, n'importe qui le voulant vraiment et pas forcément en ayant du talent, peut produire un livre avec un ordinateur et internet ; ou un film avec une caméra numérique...

 

Ainsi l'écriture, la littérature, le cinéma, la chanson et la musique cessent-ils de dépendre comme autrefois, de ces machineries et procédures et techniques d'avant l'informatique et le numérique... Et qui n'étaient guère à la portée de tout un chacun...

Ce sont les logiciels, les circuits imprimés, l'électronique, les nanotechnologies, et toutes sortes d'instruments ou de supports, de boîtiers, de synthétiseurs et d'accessoires divers, qu'il suffit d'apprendre à utiliser au mieux, qui remplacent désormais les anciennes machineries et procédures.

Tout cela crée forcément des conditions plus favorables à l'émergence d'un plus grand nombre de talents, de créateurs et d'auteurs... D'autant plus que ces conditions nouvelles se généralisent en se commercialisant et en s'universalisant...

 

Alors on imagine mal des “géants” qui seraient encore plus “géants” que les “géants en cohortes de géants”... Tout comme dans un concours d'entrée à une grande école dont mille candidats sur cent mille n'auraient d'écart entre eux autour de 18 sur 20, que le quart d'un millième de point !

Il faudrait s'en réjouir, de cela! Plutôt que de regretter l'ancien temps!... Si le monde paradoxalement et contre l'émergence de tous ces talents, de ces auteurs et de ces créateurs ; ne se dérobait point sous nos pas...

 

Jean Ferrat, ce n'est pas fini!...

Léo Ferré, Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, ce n'est pas fini!... Même si le monde se dérobe sous nos pas...


 

Le poète a toujours raison” : ne nous quitte pas, Jean !

 

Ils doivent se sentir “un peu courts” dans leurs valeurs, dans leurs certitudes et dans leurs repères... Tous ces gens qui ne sont point du même univers de sensibilité qu'un... Jean Ferrat... Par exemple.

Le poète a toujours raison... Que c'est beau la vie... Que la montagne est belle... Je ne suis qu'un cri... “

Et tant d'autres “vérités” - oui pour une fois l'on peut oser dire que ce sont des “vérités”- tant d'autres “vérités” chantées par Jean Ferrat, tant d'autres “vérités” par la plume du poète Louis Aragon... Tant d'autres “vérités” de tant et de tant d'autres poètes... Qui se dressent, toutes debout face au ciel, éternelles, imputrescibles en dépit de tout ce dont on les poisse ou les déchire ou les pervertit...

Ils doivent en ce jour du deuil d'un poète tel que Jean Ferrat, ils doivent dans le retentissement d'une oeuvre à jamais présente désormais dans le coeur de tant de gens... ils doivent, oui, se sentir “un peu courts”... Tous ceux et celles qui ne sont pas et n'ont jamais été et ne seront jamais “de cet univers là”!

Ils ont jusqu'à présent tout gagné contre le plus grand nombre, ils ont séduit et trompé, ou parfois brutalisé, assassiné ou emprisonné... Et il y a aussi tous ceux et celles qui les servent... Mais ils n'ont pas raison, et devenus “si courts” en face de la beauté et de la force d'une oeuvre debout, l'oeuvre de Jean Ferrat, l'oeuvre de tous les poètes du monde... Ils doivent devenir “une espèce en voie de disparition”... Qu'il ne faut en aucun cas, protéger...

 

... Et voici le “discours” que je tiens, à présent, en face de “Tartempion” ce “clampin béabêta accro dur/dur” de thrillers américains pétants, qui ne lit QUE de la presse People et filme ses pets sur i-phone... et n'aime pas Jean Ferrat :

Tu te sens pas un peu court, Tartempion, au milieu de tous ces gens de plusieurs générations (dont celle des nés en 1990 et quelque), oui , tu te sens pas un peu court et sans consistancce au milieu de ces millions de gens dans notre pays qui rendent hommage à Jean Ferrat, et qui d'une manière ou d'une autre, dans leur coeur et dans leur esprit, rejoignent Jean Ferrat ?”

... Et je tiens le même “discours” en face des “barons du CAC 40”, des actionnaires de fonds spéculatifs, de certains “politicards plantureux de bide et d'épaules et de joues”...

Tartempion béabêta, barons du CAC 40 et politicards véreux... C'est vous les cons, les horribles cons, les cons qui pètent le monde, les cons qui congratulent et se vautrent dans un “troudebalisme” qui pue la crevette sexe sale, la mayonnaise éventée, le cornichon au vinaigre et la crème fouettée à la fraise synthétique... Et les “super-grands cons”, les décideurs, les hyper managers, les fous du fric-roi et des grosses bagnoles et des villas et des propriétés dans les paradis fiscaux tropicaux...

Vous vous sentez pas un peu courts, Tartempion béabêta, barons du CAC 40 et politicards véreux, et milliardaires peopolisés, en face d'un Jean Ferrat ou d'un Jacques Brel ou d'un Léo Ferré, ou même encore en face de tant de gens passant leur vie sans tambours ni trompettes à faire du bien autour d'eux partout où sévit la misère, la misère cette “chienne pelée du monde”?

Pour ma part je sais plus que jamais aujourd'hui de quel côté je me trouve et me situe... Et je sais aussi plus que jamais quel monde je combats...

 

Absolument scandaleux...

Christophe Hondelatte, ton débat sur RTL mardi 16 mars 2010 (“langue de vipère- On refait le monde”) à 19h 30 à propos de Jean Ferrat...

Rappelons que ce débat quotidien entre 19h et 20h sur RTL est animé par Anne Sophie Mercier, de Charlie Hebdo ; PPDA, journaliste et écrivain ; Robert Ménard, éditeur et écrivain ; Ivan Rioufol, du Figaro...

Autrement dit des gens qui ont “un certain rayonnement et sont lus et écoutés”...Mais de sensibiltés différentes...

Ce débat à propos de Jean Ferrat, ce soir là, du jour même des obsèques de Jean Ferrat, était à mon sens “totalement indécent” et ne devait pas être donné ce jour là... C'était “une insulte” à la mémoire de Jean Ferrat, une discussion “imbécile” et vulgaire, inconsistante et “de parti pris”...

L'un des interlocuteurs reprochait à Jean Ferrat dans sa chanson “Ma France” de citer Robespierre...

Certes oui, Robespierre n'est sans doute pas “une bonne référence” dans l'histoire de notre pays... pas plus que Staline dans l'histoire de la Russie... Mais Jean Ferrat dans sa chanson “Ma France” évoque aussi (et surtout) “Monsieur Thiers”... qui fit fusiller la France (sous-entendu “une partie de la France”) lors de la “semaine sanglante” de la Commune en mai 1871...

Et ce même interlocuteur nous explique qu'il “ne comprend pas” que Jean Ferrat puisse “cautionner” à travers son oeuvre, la barbarie de régimes révolutionnaires tels que la Terreur et le communisme ! (c'est ce qu'il laisse entendre dans son propos)... Et ça, c'est révoltant, absolument scandaleux, d'insinuer que Jean Ferrat ait pu “fermer les yeux” sur ces “laideurs du monde”... Lui qui fut un poète, un partisan de la non violence (bien que demeurant un révolté), un être paisible qui a délibérément quitté la scène en 1973 pour aller s'installer dans un village en Ardèche, un être d'une si grande modestie et d'une si émouvante simplicité dans sa relation avec ses amis et ses proches...

D'ailleurs, rappelons aussi (car c'est important) que Jean Ferrat en dépit de sa vive et fraternelle sympathie envers le Parti Communiste, n'a jamais adhéré en prenant une carte de membre de ce parti...

Georges Brassens, lui, chantait “Mourons pour des idées, mais de mort lente!”

Et Léo Ferré disait à propos du drapeau noir de l'anarchie (que l'on brandit sur les barricades et dans les manifs) “ Un drapeau, même noir, même celui de l'anarchie, c'est quand même un drapeau”...

... Et l'on sait tous ce qui se passe, après les barricades, après que l'on ait renversé les gouvernements, liquidé les blancs ou les bleus avec les curés et les banquiers : ce sont des drapeaux, des étendards, des slogans, des mots d'ordre, des leaders (ou des meneurs) derrière lesquels on se rallie... Et ce n'est jamais comme dans la chanson de Jean Ferrat “ et c'était comme si tout recommençait, la vie, l'espérance, et le merveilleux, et le miraculeux voyage”... Non, ce n'est jamais ainsi!... Puisque tout recommence... comme avant, comme toujours !

 

Générations entre deux mondes

 

Entre “Pétété” et Remington d'une part ; et “i-phone” et les ordinateurs d'autre part...

 

Du temps où la Poste s'appelait Pétété, du temps où l'on câblait de Panama à son banquier en Europe, du temps où les écrivains tapaient leurs romans sur des Remington, du temps des routes bombées bordées de platanes, du temps où l'on payait le pompiste et l'on réglait sa note d'hôtel avec des billets de banque, du temps des routes nationales et des carrefours en croix ou en patte d'oie, du temps où l'on s'embarquait au Havre ou à Cherbourg pour se rendre en Amérique... Le monde était coupé en deux : les pays de l'Est d'un côté, à économie socialiste et collectiviste, avec le grand géant soviétique ; et les pays de l'Ouest de l'autre côté, avec les Etats Unis d'Amérique, super puissance industrielle et technologique...

Mais si le monde était coupé en deux, il était aussi dans une autre partie “encore en jaune clair, en bleu ou en violet ou en vert ou en blanc et aux frontières en pointillé”, une mosaïque de territoires purement géographiques et ethniques généralement occupés, colonisés et exploités par les pays de civilisation Européenne et judéochrétienne...

Ce temps là, celui de la Poste “Pétété” et des “Remington” et des deux blocs de l'Est et de l'Ouest ; prit fin à la chute du mur de Berlin... L'on peut dire (c'est ce que je dis) que la date du 9 novembre 1989 est comme le premier janvier d'un “an Zéro”, date à partir de laquelle le monde commence à être différent : le monde de l'Est et le monde de l'Ouest désormais se fondent en un seul et même monde économique et social ; la mosaïque de territoires “en jaune clair, en bleu ou en violet ou en vert ou en blanc et aux frontières en pointillé”, déjà devenue une constellation de pays nouveaux avant la fin du “monde d'avant”... se structure peu à peu en vastes ensembles ou espaces économiques et politiques...

Ce temps là, celui d'avant la chute du mur de Berlin ; avait été précédé par celui de la Poste à cheval, des diligences et des bateaux à voile... Lui-même précédé encore, ce temps là, par d'autres temps...

Mais l'on peut dire – pour simplifier – que tous les temps situés avant les années 90 du 20 ème siècle, sont “L'Ancien Monde”...

Il y avait eu au 15 ème siècle déja, une “révolution technologique” quasi universelle du moins dans le monde d'alors, celui de la civilisation des peuples d'Europe : l'invention de l'imprimerie...

L'on peut dire de nos jours (fin 20 ème – début 21 ème siècles) qu'une autre “révolution technologique” d'ampleur universelle voit le jour et se développe rapidement : celle du téléphone mobile, d'internet, de l'informatique et du numérique...

Il y a une singularité, une dimension nouvelle dans l'émotion, dans la pensée, dans la réflexion et dans la relation humaine... et quelque chose de tout à fait unique, exceptionnel... À être de ces générations “d'entre deux mondes”... Pour celui ou celle d'entre nous, de ces générations, qui en ressent au plus profond de lui-même la portée, les effets et les bouleversements dans sa vie personnelle et tout autour dans le monde... Ces générations dont les toutes premières sont celles des gens nés entre 1930 et 1940 environ , et dont les suivantes sont celles des gens nés entre 1950 et 1980...

Car ce sont là des générations qui auront connu dans une partie de leur vie plus ou moins longue, dans leur enfance pour les dernières, “l'Ancien Monde”... Et auront donc été “imprégnées” de la culture du 20 ème siècle tout en se trouvant confrontées selon leur diverses sensibilités, aspirations et rêves, à la culture émergente du “Monde Nouveau”...

Les générations qui viennent, celles des nés aux alentours de l'an 2000, puis celles qui suivront, n'auront donc rien vécu par elles-mêmes de ce qui fut “l'Ancien Monde”... dont elles n'auront connaissance que par les documents (imprimés ou numérisés) , les images et videos et films, les livres, ou encore par la parole, par le récit des anciens (de plus en plus vieillissants)...

Avant les années 90 du 20 ème siècle, il y avait toujours eu comme une “continuité” : les époques se succédaient sans qu'il ne vienne jamais quelque rupture brutale ou quelque transformation radicale dans l'ordre économique, traditionnel et social, ou même familial... Les différences d'une époque à l'autre, n'étaient perceptibles que graduellement et selon des modes de vie évoluant avec les progrès de la science, de la médecine, des découvertes de nouveaux pays ou espaces géographiques, et de la technologie, des moyens de locomotion et de transport... Il y avait seulement eu à partir du 19ème siècle, une accélération dans la continuité, une continuité qui demeurait quoiqu'il arrive, la caractéristique essentielle de “l'Ancien Monde”....

Nos générations actuelles, celles des gens nés à partir de 1930/1950 et jusque vers 1980, sont les témoins directs et vivants de cette rupture – ou de cette “fracture” même – à partir de laquelle se disperse en fragments épars cette ligne de “continuité” : l'on sent bien qu'il n'y a plus de continuité, mais deux “lignes” nettement séparées, profondément différentes dans leur tracé...

L'on pourrait voir aussi, comme deux mondes, deux “Terres” qui seraient entées en collision, se seraient imbriquées l'une dans l'autre. Du bord de la Terre qui surplombe l'autre Terre, le promeneur (ou voyageur) aperçoit devant lui depuis tout en bas de la fracture, un immense paysage qui à première vue, ressemble au paysage se déroulant derrière lui du côté de la Terre qui surplombe... Mais un vertige, peut-être une sorte d'angoisse, et en même temps, comme une nostalgie, s'emparent du promeneur... qui plus jamais, ne pourra désormais poser son pied sur le sol “d'en bas”... Car il n'existe pas de “chariot volant” pour se rendre sur la “Terre d'en dessous”... Il n'y a plus que la vue dans l'immédiat, depuis le bord en haut de la fracture, et il ne restera que le souvenir, ensuite, de cette vue... puisqu'il faudra bien suivre l'une ou l'autre de ces routes de la Terre qui surplombe...

Ainsi est l'homme ou la femme, quelle que soit sa condition, né autour de 1930 ou jusque vers 1980, tel ce promeneur ou voyageur soudainement “décalé” d'une “Terre” à l'autre...

Les artistes, les écrivains, les penseurs et les poètes des générations actuelles ont sans doute en tant que témoins, observateurs et créateurs d'oeuvres littéraires ou autres, une grande responsabilité dans la mesure où ils doivent désormais transmettre alors que le fil de la continuité est rompu, et que se posera sans doute la question d'une forme nouvelle de continuité jusque là inconnue et encore inconcevable... ( serait-ce un espace aux dimensions non perceptibles, aux repères mouvants , un espace dans lequel le temps -passé, présent, futur – n'aurait plus de sens ? )...

Je pense aussi à ces très grands écrivains et auteurs du 20ème siècle, nés après 1910 et décédés avant 1990, dont certains d'entre eux seraient aujourd'hui très âgés s'ils avaient vécu : quel aurait été leur regard, comment aurait évolué leur pensée, et comment auraient-ils intégré dans leur vie, la fin de leur vie, ces nouvelles technologies de la communication, du téléphone mobile, du numérique, de l'informatique et de l'internet?

D'autres très grands écrivains ou romanciers nés à la fin du 19ème siècle, du fait qu'ils auraient passé cent ans en 1990 ou 2000 et sont donc forcément morts avant, “ratèrent” de peu si l'on peut dire le “Nouveau Monde”. Mais qu'avaient-ils imaginé, pensé, de ce que pouvait devenir le monde, par exemple dans un moment de solitude, lors d'une promenade en forêt, ou avant de s'endormir le soir ou en se réveillant le matin?

 

Tous les trains du monde

     

 

     Rien à voir avec le “Métro-Jet” qui, dans mon livre “Au pays des guignols gris”, traverse le “Grand Continent”...

Sans doute ce jour d'été à Canfranc, assis devant ce wagon d'un autre âge, imaginais-je Ernest Hemingway prenant place sur un siège de bois, une bouteille de whisky à la main...

Tous les trains du monde, depuis que les trains existent, ont quelque part assise, une femme dans un ailleurs... Une femme dont le visage et les jambes croisées, avec le paysage qui défile par la vitre, entre en visite et fait trace dans une histoire d'homme...

Mais nos trains n'ont plus aujourd'hui, de compartiments.

 

Un jour je m'envolerai

Je ferai de ma mort selon ce que j'ai ressenti de cette vie que j'aurai traversée...

 

J'aurai un enterrement “pas comme les autres”... ça vous étonne ?

J'y ai déjà pensé... Dans mon portefeuille, pliée en 4, j'ai une feuille de papier où “l'affaire est consignée”...

Pas d'église, pas de curé, pas de religion...

L'on imagine mal, quand on me connaît, tout ce “putain de tra-la-la”, avec l'eau bénite, l'absoute, et ce “Cela est juste et bon” chanté la larme à l'oeil et avec les carreaux dans les godaces, en imper chic et noir pour les dames, en costard les mecs et avec pendu sous la voûte des soucoupes volantes de chauffage électrique (si je meurs en hiver)...

Moi qui justement, de mon vivant, dans les “Grantenterrements générals”, zieutait avec régal les dames chic...

Et ces “grands pieux” de marbre ou de granit, ces cercueils de beau chêne avec poignées ciselées, et encore le dernier adieu devant la fosse où l'on vient de descendre à la corde le cercueil, et la poignée de terre jetée...

Du fond du trou, scellé à jamais dans ma bulle – non pas de roche – mais de zinc et de bois, je n'aurai pas le loisir – traversé de rêve fou – de zieuter les jolies jambes de ces dames “sur leur 31”...

Non, je ne veux rien, rien de rien de tout cela...

Dans l'immédiateté de l'événement, seuls mes amis littéraires les plus chers, ainsi que mes très/très proches parents et amis, seront prévenus...

Pas d'annonce dans le journal... L'on saura bien assez tôt : trois jours, six mois, un an ou je ne sais combien de temps après...

Le cercueil “de base” : en bois blanc, en “caisse de pauvre”... Pas besoin d'un beau cercueil en chêne, verni, avec des motifs sculptés dessus et des poignées ciselées, pour aller direct à la crémation...

Durant la crémation pas de discours, pas de texte lu ni quelque hommage que ce soit...

Mais sans doute “One day I'll fly away” de Randy Crawford, “L'amitié” de Françoise Hardy, et “Spandau Ballet True”...

Pourquoi “ pas d'annonce dans le journal” ?

C'est que “j'en ai rien à foutre” de ces gens qui, lisant l'avis de décès, et m'ayant peu connu mais surtout méconnu... “se pointeraient” en manifestant quelque soudaine sympathie à mon égard...

Quant à ceux et celles qui, plus tard, ayant appris par ouïe dire que je suis mort, et m'ayant de mon vivant, pourfendu de leurs sarcasmes et bien “condescendé”... et qui alors, “me découvrant”, se mettraient à m'aimer... Eh bien ceux là, celles-là, je leur balance un bras d'honneur et leur dis “vous n'aviez qu'à m'aimer de mon vivant” !

De toute manière, j'encourage mes pourfendeurs à continuer d'ironiser et de m'assassiner : après tout cela aussi est un art, cela aussi c'est de la littérature, cela aussi c'est la liberté d'expression !

Cela dit, quand j'aurai cent ans le 9 janvier 2048, et si je peux encore monter sur un vélo... et “faire de la purée”... Et que j'aurai ce jour là une armée de journalistes autour de moi pour me photographier, m'interwiever... J'en profiterai pour faire de la pub pour mon site et parler de mes écrits... ça c'est bien vrai : avoir cent ans c'est une sacré occase ! C'est pas comme dans une réunion de famille, ou d'amis, ou dans un salon du livre ou sur des forums du Net ou encore dans des assemblées et fêtes d'associations, des festivals d'été ou des halls d'accueil de ciné/café... que tu vas forcément en profiter pour “bomber le torse”, te “mettre en valeur” et mobiliser tout un auditoire !

 

 

 

Lire la suite

Le rocher

     “Les dieux avaient condamné Sisiphe à rouler sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne d'où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu'il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir”... [Albert Camus]

     Je pense au rocher de Sisiphe, à ce rocher qui sans cesse retombe par son propre poids... Je ne cesse effectivement (c'est le sentiment que j'ai) de rouler ce rocher jusqu'en haut de la montagne... Et pourtant je ne suis pas Sisiphe... Je ne sais pas (parce que je n'en ai pas vraiment conscience) si mon “travail” est inutile et sans espoir... Et je m'en fous ! Je sais seulement que je roule le rocher, et que je ne considère pas cela comme une “punition”... Ni comme une “vocation”... Ce serait à mon sens – du moins c'est ainsi que je le ressens- “quelque chose d'heureux, de profondément heureux, qui dépasserait tout désespoir, oui, tout désespoir même effectif”...

      J'ai imaginé que le rocher demeurait tout en haut de la montagne et que plus jamais il ne retombait au bas de la montagne...

Et j'ai su...

J'ai su que c'était le bonheur absolu mais aussi, le désespoir absolu...

Un désespoir étrange cependant... Tout empreint de gravité et dépassant toutes les émotions possibles...

C'était comme à l'intérieur d'une bulle de roche avec une lumière de jour sans soleil et sans ciel...

Et fugitivement, venait un visage, s'ouvraient des lèvres très douces...

Cela me parut tout à fait absurde mais néanmoins je désirais transcrire ce que je ressentais, dans une sorte de langage – ou d'écriture – ou de musique – que l'univers tout entier eût pu transporter.

Je trouvai ce langage – ou cette écriture – ou cette musique...

Les hommes autrefois, gravaient dans la pierre face au ciel, parce qu'ils pensaient que les dieux dont ils ne savaient pas la demeure et qu'ils n'avaient pas vus, seraient leurs lecteurs... Mais cela n'était pas de la religion. La religion et les cultes sont venus après... Avec l'écriture sur le papier et les grands auteurs comme des dieux...

Oui je trouvai ce langage – ou cette écriture – ou cette musique... Dans la bulle de roche éclairée de la lumière du jour sans ciel et sans soleil...

Et dès que je pus m'exprimer dans ce langage – ou cette écriture – ou cette musique, il n'y eut plus ce visage fugitif ni ces lèvres si douces un bref instant, et commença un exil sans solitude.

Je ne mourus point...

 

J'ai imaginé, oui !

J'imagine toujours...

Je ne cesse d'imaginer...

 

... Il est retombé, le rocher...

En haut, tout en haut, il s'est délesté de la haine et de la violence des hommes... Il s'est aussi délesté de l'espérance qu'il portait... De cette espérance comme une glaise le recouvrant et adoucissant la poussée dans la montée.

En haut, tout en haut, c'est à chaque fois la dernière fois...

En bas, tout en bas, c'est à chaque fois la première fois... Et quel poids !

 

Souvenirs d'Algérie 1959, 1961

 

Le jour de notre arrivée ma mère et moi, le 12 juin 1959 à l'aéroport d' Alger... Nous venions de passer deux ans à Tunis et mon père qui était technicien des Télécommunications demeurait à Blida depuis avril 1959...

 

 

 

Sur la route d' Alger en 1961, depuis Blida, après Boufarik... Sur cette photo l'on aperçoit ma mère, Roger qui deviendra le compagnon de ma mère après le divorce de mes parents, Micheline la fille de Roger (qui m'a tout de suite beaucoup plu dès le premier jour où je l'ai rencontrée), et Mireille ma petite copine qui habitait à Blida au même étage et dans le même HLM que mes parents et moi... Mireille est à gauche, Micheline est à droite. Toutes les deux furent de merveilleuses et gentilles copines... Mais ma mère craignait que je ne devienne “amoureux” de la fille de Roger, ce qui était à dire vrai “à la limite d'être”... (j'avais treize ans...)

 

Sur les bords de l'Adour en 1951

 

 

C'est moi, à l'âge de trois ans... Mon grand père Georges Abadie venait le dimanche pêcher sur les bords de l' Adour et nous nous installions, Suzanne ma grand mère et moi sous le pont suspendu (le vieux pont, démoli et reconstruit après 1956)... Le pont d' Onard (le village de l'enfance de ma grand mère)...

Il y avait aussi, le dimanche sur les bords de l'Adour près de ce pont, une roulotte de romanichels, en bois et avec un cheval... Et un petit garçon de mon âge avec lequel je souhaitais jouer... La mère habillée tout en couleurs faisait cuire des poissons chats dans une petite marmite. Et j'étais très attiré par ces gens qui séjournaient là au milieu de leurs paniers tressés, de leurs trois chiens et qui vivaient dans une roulotte : j'aurai voulu partir avec eux, et jouer avec le petit garçon et la petite fille des romanichels...

Mais ma grand mère « veillait au grain »... Et me grondait dès que j'essayai de m'approcher de la roulotte... Et j'étais très malheureux, je me sentais bien seul, et je m'ennuyais à mourir, assis sur l'herbe à côté de Mamy, ne pouvant jouer avec ce petit garçon « les fesses à l'air » et cette si jolie petite fille tout en couleurs comme sa maman...

 

Ce que je dis des voyages...

     Voici une carte par moi dessinée à la main, représentant l'itinéraire de mon voyage en Norvège du 14 juin au 18 juillet 2009 :

     

     Je n'aime pas les voyages organisés, dans de beaux cars, dans de grands hôtels, avec des circuits proposés, et surtout dans des pays "pauvres" où l'on se ballade en "touriste riche", appareil photo/camescope et sacoche cuir de vache en bandoulière, grand chapeau de cirque sur la tête, le soir des danses où l'on se "tortille le cul" au ryhtme de lambada ou autre "troudebalerie musicale", piscine, nanas à poil et fêtes style "club med"... Alors qu'à deux pas du palace 4 étoiles, meurent de faim ou de misère des tas de gens...

En Norvège j'ai "crapahuté" en voiture et en camping, avec ma femme... Et croisé sur les routes du Grand Nord de superbes campings-cars et caravanes...

J'ai dormi sous la tente (une petite Quechua 2 places), bouffé des pâtes et du riz et des conserves et des "trucs diététiques" et quelques fruits (essentiellement des pommes)... Au delà du Cercle Polaire, j'ai planté la tente jusqu'à 70 degrés de latitude...

Si je repars dans un autre pays, je ferai de même...

 

    

L'océan en furie

     C'était à Biarritz le jeudi 5 novembre 2009, un jour de très grand mauvais temps où de violentes bourrasques se succédaient sans relâche depuis le matin...

Et cela valait bien le Cap Horn un jour d'été ou d'hiver Austral particulièrement tourmenté, ou encore le détroit qui sépare la pointe Sud Est Australienne de la Tasmanie, un détroit où affleurent de nombreux récifs et où soufflent en toutes saisons des vents violents...

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site