Le voyage en Norvège, du14 juin au18 juillet 2009, par Guy Sembic

 

     Ces pays de la Terre où le soleil à l'époque du solstice d'été, ne descend plus en dessous de l'horizon... Je voulais voir, et j'ai vu. En Norvège, au delà du Cercle Polaire. Une terre du bout du monde! En Antarctique, même en parvenant à l'extrémité de la péninsule qui s'avance dans le détroit de Drake en face du Cap Horn, c'est à peine si l'on franchit le cercle polaire : au delà, ils n'y a que les scientifiques et les explorateurs, les géographes qui y vont... Et les bateaux de croisière ne demeurent qu'au large, c'est à dire seulement le long du cercle polaire... Mais dans le Grand Nord de la Norvège, il est possible en été, de parvenir jusqu'au 71 ème degré de latitude (au Cap Nord)... Et même jusqu'au 80 ème au Spitzberg... Là où le soleil au 21 juin à minuit culmine à 13 degrés d'angle au dessus de l'horizon (et à 33 degrés à midi)... Le long de la côte Norvégienne en été se succèdent des processions de bateaux de croisière, les fjords les plus magnifiques deviennent des autoroutes de géants des mers (bateaux de croisière hauts comme des immeubles Américains), et les routes de tout le Grand Nord (la route 6, la route des Loffoten) sont saturées de camping-cars et de caravanes... Et il y a les rennes sauvages...

     Voici le récit de ce "Voyage en Norvège" :

http://cid-9d31f6efb6d490a4.skydrive.live.com/self.aspx/.Documents/oeuvres%20de%20Guy%20en%20PDF/Le%20voyage%20en%20Norv%c3%a8ge.pdf

Et un extrait :

 

Jeudi 25 juin

Départ du Strand Camping à Alta avec une température de 19 degrés au matin sous un ciel entièrement couvert mais sans pluie... Vu les peintures rupestres autour du musée d'Alta dans un décor et en face d'un paysage immense de larges baies, de fjords et de montagnes crénelées. Ces dessins (directement tracés à l'origine sur de grands blocs de roches lisses, et restaurés) datent pour les uns de 5 à 6000 ans av JC, et pour les autres de 1500 av JC... Et représentent des scènes de la vie de l'époque, attestant que ces lieux “du bout du monde” étaient déjà habités...

... Alta – Olderfjord – puis quitté la route 6 pour la route 69 à Russenes, route qui mène à Honningsvag, puis de là, au Nordkapp en passant par un tunnel à péage (sous la mer) puis en montant sur un haut plateau “polaire” (totalement dépourvu de toute végétation et uniquement rocheux et au relief très tourmenté (fortes pentes, route étroite, ravins, crevasses, pics, sommets ou barrières de roches)... Soit trente et un kilomètres d'une piste bitumée fort étroite et assez périlleuse, en lacets...

Arrivée au Nordkapp 71,10 degrés de latitude Nord vers 20h 30. Jusqu'à 19h le ciel était bleu puis brusquement s'est levé le vent et sont venus les nuages bas et sombres, depuis l'océan Arctique... Température 6 degrés à 21h, puis 5 degrés après 22h... Le vent s'est renforcé jusqu'à souffler en rafales continues jusqu'à 140 km/h... Sous un ciel sombre et bas, d'épaisse couverture nuageuse “se déplaçant comme un troupeau de rennes ivres”...

Le paysage de ce bout de terre de l'extrémité de l'Europe (Mageröya) avec ses côtes à falaises déchiquetées, sa végétation (rare) de mousses sèches et brunes, son relief évoquant une concrétion de mâchoires et de carcasses d'animaux morts depuis des années, ses ravins aux parois verticales, ses crevasses et ses amas épars de pierres de toutes tailles... Ressemble sans doute à ce qui doit régner dans les environs du Cap Horn à l'extrémité australe de l'Amérique du Sud. Mais le Cap Nord de la Norvège n'a sûrement rien à voir avec le Cap Horn! Puisque l'électricité y arrive, ainsi que le téléphone et Internet! Seules, les conditions atmosphériques régnant ce 26 juin 2009 à 2h du matin au Nordkapp, ainsi que l'environnement purement naturel, peuvent être comparés à ce qui doit être au Cap Horn par un jour d'été austral, par exemple un 26 décembre froid, venteux et sombre de nuages...

Nous avons, tout comme sur le plateau du Cercle Polaire, dormi dans la voiture, sur le parking rocailleux du Nordkapp Senteret. Nous pouvions à peine ouvrir la portière de la voiture côté passager ou conducteur tant soufflait le vent, nous voyions les camping-cars devant nous qui tanguaient de droite et de gauche ; et lorsqu'une première fois nous tentâmes de franchir l'espace qui nous séparait de la ballustrade surplombant la falaise de 305 m au dessus de l'océan... Nous n'y parvîmes point, la respiration totalement coupée... Et ce n'est que vers 2h du matin dans une “accalmie” relative et très brève, que nous sommes arrivés – à grand peine – jusqu'à la ballustrade et que nous avons alors pu photographier “un petit bout du soleil” voilé derrière le rideau des nuages et une “pluie très serrée” de lumière orangée et flamboyante, tombant sur l'océan gris depuis une masse de nuages...

Tout en bas du promontoire rocheux et de la falaise à pic, à 305 m en dessous, en face... A perte de vue... L'immensité de l'océan Arctique, sans icebergs, sans aucune trace ou ligne au loin, de banquise...

Après réflexion, j'ai pensé que d'avoir vu le “soleil de minuit” au Nordkapp, dans les conditions météorologiques de ce jour là... C'était encore plus beau et plus émouvant que de l'avoir vu sous un ciel dégagé et tout bleu et sans vent...

Nous avons rencontré au Norkapp Senteret dans la cafétéria, le lendemain matin de ce 25 juin, un jeune Espagnol travaillant ici au Senteret comme cuisinier ( 200 000 visiteurs du monde entier, par an et même l'hiver pour les aurores boréales)... Qui nous a dit “Si vous étiez venus le 23 juin – soit 2 jours plus tôt- vous auriez vu le soleil de minuit dans tout son éclat, car il n'y avait aucun nuage, et pas du tout de vent et il faisait 14 degrés”...

 

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