Le bateau pirate : écrits pirate de guy, 1ère partie

 

Bateau pirate, et pas bateau de croisière!

 

Autant je sens la nécessité parfois, de revoir un de mes textes, de le reprendre même de fond en comble, autant m'arrive-t-il de modifier une phrase, un paragraphe, de rechercher une nouvelle formulation, une nouvelle image... Autant cependant ai-je du mal, un mal fou à dire vrai, à revoir dans le détail la forme et la présentation de mon texte (règles strictes, précises et conventionnelles de typographie par exemple) lorsque je destine ce texte à publication (livre réel ou livre “en ligne”).

Ce travail là, purement technique et ne modifiant en aucune façon le sens ou le contenu de mon texte, me semble fastidieux, inintéressant et sans “valeur ajoutée” littérairement parlant.

Dans mon esprtit, la typographie et tout ce qui concerne les règles classiques (et officialisées) de présentation dans les moindres détails en matière d'édition d'ouvrages ; tout cela n'est que de la technique... Et absolument pas de l'Art!

L'Art pour moi, c'est la littérature par elle-même : l'âme, les tournures, les mots, le rythme, les formulations, le langage, la phrase... Et jusqu'à la voix même qui “transpire” (ou se fait entendre) à la lecture du texte (si le texte était lu à haute voix devant un public). C'est aussi l'utilisation à bon escient et dans un contexte particulier, de différentes formes grammaticales, la subtilité de l'orthographe, les nuances, la manière d'ordonner ou de concevoir la ponctuation, l'emploi (non abusif cependant) de néologismes ou de barbarismes. Soit dit en passant un barbarisme n'est pas comme l'on pourrait croire, un mot “barbare” mais une forme langagière que la grammaire peut tolérer occasionnellement. C'est encore, une certaine hardiesse dans le style et dans le sens de ce que l'on souhaite exprimer, des métaphores appropriées... Enfin, toute une “palette” de couleurs, de tons, de nuances, de mélanges, de “lavis” ou d'”écorchures” et de “raclures”... Une sorte d'alchimie!

Et à côté de tout cela, je trouve que ce qui n'est que règles consensuelles purement techniques c'est -excusez moi le terme- “un peu chiant”! Tel une machinerie complexe conçue pour “faire bien” en laquelle on enferme trop souvent des âneries, des insipidités ou de la “littérature de gare” ou du “petit roman de terroir” ou de “l'amour raté”...

Certes je reconnais qu'un beau texte bien ou correctement typographié, bien aéré, bien présenté selon les règles classiques de l'édition, c'est un “plus”. Mais à mon sens, la technique seule, la manière seule (et super correcte) de procéder, sans l'Art, le vrai Art, sans l'âme, sans tout ce que je viens de dire plus haut... Cela ne prouve rien, absolument rien : c'est “sec comme du bois mort enduit de verni”...

Aussi, sans courir comme un dingue, tel un écolier puni de cent lignes, je “fais mon pensum” de ces ouvrages que je destine à publication, et je “planche” donc sur ces contraintes épuisantes de typographie et d'arrangement technique...

Je trouve que sur les sites et sur les blogs, question règles, technique et présentation et typopgraphie, on se sent beaucoup plus libre que lorsque l'on “fait un livre”:

Tu ajoures un peu, tu choisis une police de caractère pour les gens qui n'aiment pas lire petit, tu intercales une ou deux images ou photos dans ton texte, tu optes pour une orthographe et une grammaire à peu près correctes, tu mets un peu de ton style à toi, un peu du “coeur de ton réacteur”... Et hop, ce serait presque une oeuvre littéraire! Et personne ne viendra t'emmerder pour quelques cagades de typographie ou d'espacement...

C'est pourquoi je suis un écrivain sur le Net... Et peut-être avec moins d'ambition ou de motivation, un écrivain de livres édités...

Bon sang! La plupart des auteurs rêvent tous de se faire éditer chez des Gallimard et Compagnie, ou de faire un livre “livre” en recourant aux services d'un éditeur sangsue qui va leur demander de payer une somme astronomique!

Merde! Moi ça me fait gerber tout cela! J'aime mieux naviguer sur mon bateau pirate, inventer le monde à ma façon, partir sur les océans sans boussole et sans sextant, avec seulement les étoiles pour repères ; les vagues et les courants, et l'immensité de l'océan, à étreindre comme la silhouette d'une femme... Et tant pis pour les tempêtes, les glaces polaires, les déserts de mer, les brouillards des hautes latitudes, les brûlures de l'équateur et des tropiques, les îles peuplées de cannibales...

 

Sur les bateaux de croisière, le soir à la veillée du beau et grand monde, veillée à laquelle sont cependant conviés pour autant qu'ils en aient les moyens, les gens du “tout venant... L'on s'y distrait de jolies et sympathiques âneries, de quelques histoires musquées ou “belles à pleurer” (mais ça se termine bien)... Et si d'aventure passe au large un bateau pirate, passe aussi sur le pont des Premières – et des Secondes- du bateau de croisière, un frisson d'épouvante... Qui parfois “pique au croupion” les belles dames et “lumine d'un drôle de feu” les têtes des costard-cravate et des rassis en jeans... Mais le frisson d'épouvante demeure et qu'aille au diable le bateau pirate! Demain c'est dimanche et y' a office religieux en musique, piscine sur l'avant pont, et pêche virtuelle au requin dans la salle des jeux...

 

Lézard lumineux

 

On l'appelle “le lézard lumineux”...

C'est un colporteur qui fait les fêtes, les foires, les marchés, dans tout le pays environnant...

Au feu d'artifice du 14 juillet, à celui du 15 Août, à tous les feux d'artifice que font tirer aux fêtes d'été, les villes du pays ; “Lézard lumineux” (on ne lui connait pas d'autre nom) se promène avec son “petit bazar” retenu par deux bretelles devant lui... Et bien sûr, outre les sucres d'orge, les sucettes et les peluchettes de son petit bazar, il propose aux enfants ses “lézards lumineux”qui déjà avant que ne tombe la nuit noire et étoilée, “luminent” en dansant ou virevoltant...

Zéralda, la petite voisine de palier de Lézard lumineux, une gamine polissonne et effrontée, se doutait bien que Lézard lumineux – en particulier les soirs d'orage - “luminait” sa femme. Ces soirs là en effet, s'écoulait une fluorescence bizarre sous la porte de l'appartement de Lézard lumineux... Et dans cette fluorescence semblaient ruisseler comme depuis une source jaillissante, des murmures et des halètements...

Alors un soir d'orage, Zéralda “colla un oeil” sur le trou de la serrure et vit...

Dans le bâtiment des WC publics, le soir du 14 juillet après l'orage de la veille, l'on pouvait lire cette inscription sur la porte, à l'intérieur :

Il lui fait des Amériques sur ses robes chic, il s'enfonce en elle comme dans une Afrique dont il étreint le coeur et l'âme et fait luminer le ventre , et dans sa déchirure il lézarde en éclaboussant ses bleus, ses verts et ses rouges jusqu'à les confondre en une incandescence blanche...

 

La Terre dans sa robe bleue tracée d'Amérique

 

Notre si belle planète vue de l'espace, dans sa jolie robe bleue toute tracée d'une Amérique !

... Et si Yves Saint Laurent inventait une robe bleu-océan tracée de haut en bas d'une Amérique blanche, grumeleuse de Rocheuses et d'Andes!

J'imagine un "Créateur", une sorte de "lézard lumineux", un être venu d'une galaxie lointaine qui, dans un immense acte d'amour à la vue de la Terre comme une jolie femme drapée dans une élégante robe... Exploserait le coeur de son réacteur en une éclaboussure blanche s'écoulant des épaules aux genoux et faisant ainsi une Amérique de l'Alaska au Cap Horn...

... Voici une mode à lancer ! (Et cependant les modes et moi ça fait deux!)...

Et je m'adresse ici aux créateurs, aux grands couturiers...

... Oui! Une robe bleu océan, traversée d'Amérique de haut en bas. Une coupe simple mais élégante, cintrée, un peu déstructurée en bas sur l'un de ses côtés.

Il y aurait par exemple 3 versions :

-Avec une Amérique blanche, d'un blanc immaculé et légèrement lumineux, dont le tracé des Montagnes Rocheuses et des Andes évoquerait une meringue longuement étirée et étoilée d'éclats d'amande...

-Avec une Amérique noire, d'un noir “cosmos étoilé” dont les Rocheuses et les Andes seraient blanches...

-Avec une Amérique couleur de la terre, aux Rocheuses et aux Andes rouge sang...

... Et pourquoi dans les magasins de prêt à porter ne proposerait-on pas aux clientes d'acheter les 3 robes en même temps?

 

 

 

La Star Ac

 

Je n’ai pas voulu être vraiment méchant… J’ai écrit ce texte en janvier 2004. Avec le recul, et un « regard sur le monde » plutôt qu’une « vision du monde », n’y voyez là qu’une caricature.

 

Ils étaient tous là sur le plateau de Star Ac, à gigoter, arborant leurs culs givrés et leurs gueules peinturlurées. L’audimat pétait des sommets, on remettait ça pour la 3ème révolution téterrique autour du Grand Phalène, et les minots bombaient la caisse, fumaient du cyclotron, hurlaient dans le micro. Les minettes flambaient, en jupettes ou en fuseaux cramoisis, starlettant minaudant gloussant popotant du popotin… Et l’hydre businésique aux rutilants tentacules s’avança et pointa le bout de ses guirlandes, fit comme le gui pour l’an neuf à l’entrée des casemates au dessus des têtes de meufs et de bébés… Star ac c’est comme le gui et les champipis : ça squatte dans le clinquant d’une civilisation dévoyée, autant dire que ça parasite non seulement les budgets familiaux mais aussi les énergies des moutards et des ados.

Avec Star Ac pas besoin de vie intérieure : tu te pâmes sous les regards accros des starlettes, tu te mires dans la véranda déformante qui te nique l’âme et te fais te trémousser comme pour une envie de pipi… C’est que t’en pisserais de régal de te déhancher, de trépigner sur le tapis de danse avec le micro à la main !

Les saveurs épicées et contrezépicées du Loft avaient en leur temps attiré les jeunes chiots branchés et les meufs capitonnées… Dans une orgie de pubs et de gadgets, de CD et de textos, ce fut la ruée de toute la génération sida des années 80, de tous les sniffards de hasch et aussi de tous ces trentenaires désabusés vivant en couple et investissant dans la bâtitude…

Saturday et la Bamba, les tubes de Star Ac 2003, se vendaient et se vendent encore comme des petits pains, puant de saveurday et d’excréments roses de bambis auréolés de pets bariolés. Un marathon de 235 heures d’antenne, scandé de pubs et de clips, outrageusement maquillé de cuissettes, de jambettes et de visages de fête, sans jamais s’épuiser sur la piste glacée de paillettes argentées, outrecuidait de satisfaction, jalonné de bornes audimatiques et générait d’insolents profits pour TF1, Universal and cie…

Se déhanchant en tapant des mains à chaque refrain de la Bamba, Patrick Le Lay, s’il s’était hasardé à faire le laid pour rire, eût perçu les clignotements de pupille des caissières d’hypermarché sortant de chez la coiffeuse et vautrées devant la télé, frites de pacotille au bec… « Oh qu’il est drôle notre pourvoyeur de chanteurs de flouze, notre académycien des banlieues »…

L’aubade des héroïnes en fuseau percutait les sensibilités formatées, provoquait de piquantes démangeaisons au clitoris, submergeait livres et cahiers d’école, ruisselait sur les rêves nocturnes, et les téléphones portables crépitaient de SMS et de flashs mitraillés… Les parents de tous ces mômes scotchés devant la télé s’époumonaient en de tonitruants « A table » ou « Au pieu » inmanquablement suivis de « Attends attends y’a Raphaël qui prend une place de plus au Top ! »

Star Ac, c’est l’ennemour à la puissance 10, l’ennemour truandeur d’amour, l’ennemour branché qui singe l’amour. Guimauve luminescente et sous produit d’une culture bêta, on remet ça en 2004 parce que ça rapporte plein de sous et que ça efface les velléités d’ados insoumis et que ça swingue comme des cornets de glace à la vanille sur des parquets de ciné à la fraise.

La mode des scoubidous et du hula hop au temps du twist et du rock and roll était aussi totalitaire avec les SMS et les clips en moins. Et les petits Chinois de la révolution culturelle et de Mao Tsé Tung ne fabriquaient pas treize heures par jour des tapis de danse et des micros et autres fariboles pour les gosses des pays riches. Dans les forêts Vosgiennes y’avait pas non plus de bostryches dans les troncs des sapins… Et si le micro de Star Ac se muait soudain en un insecte boustifailleur de cordes vocales ? Et si les fœtus de stars se mettaient à trépigner dans le bide de leur maman – locomotive à succès damné ?

Stylistes, coiffeurs et visagistes se abattus sur le marché de Star Ac. De leurs doigts de fée, ils ont enstardisé la fille de l’humanuscule trentenaire qui exerce ses talents sous l’abri de bus du lotissement Les Alouettes… Et tous les autres minots minettes de toutes les villes et tous les villages de France qui n’arrêtent pas de se pâmer le samedi soir sur TF1, font péter l’audimat sans jamais se péter, eux, au travers de personne.

Tu crois que ça prendrait, Star Ac dans les pays de Zoulous ? Tu imagines un Aborigène de l’Australie du Nord trépignant sur le tapis de danse de Star Ac ? Et un Pygmée trisomique couinant dans le micro ?

Putain, si tu savais l’or de toi au fond de tes tripes et dans les recoins de ton ciboulot où t’es jamais allé, tu te mirerais pas dans les glaces de cette galerie de portraits et de poupées gonflables à crécelle !

La petite fille de l’Humanuscule embastillé du lotissement Les Alouettes se perdit dans le désert avec son tapis de danse sous le bras. Elle chemina longuement et par chance c’était l’hiver dans le désert, les longues nuits étoilées, fraîches et pures, les jours blancs et tièdes, les pistes pourtant incertaines devaient bien conduire aux portes de cette cité en fête dont elle rêvait les ponts, les minarets et les tours d’assaut bâtis pour la conquête du ciel.

Mais la cité n’existait pas, la petite fille n’existait pas non plus, et c’est pourquoi la petite fille avec son tapis de danse serré sous son bras ne cessait de marcher dans le désert, tout droit devant, traversant les fontaines de lumière fugitive et tous ces tapis d’eau qui danse et disparaît… Elle se disait : « Puisque je n’existe pas, alors je vais m’exister toute seule avec le tapis de danse ».

C’est bien ça, le miracle de Star Ac : te faire exister alors que t’existes pas. Faire de toi la Star que tu ne seras jamais. Transformer un abri de bus au lotissement Les Alouettes en un hall de casino. Muer un goûter d’anniversaire avec tous les copains copines en un show télévisé où l’on se déhanche en battant des mains, reprenant en chœur des bambas et des bambas à s’en éteindre la voix. C’est vrai : à force de scander des bambas, de te trémousser dans des fuseaux lumineux avec plein de cendres argentées dans les cheveux, tu vas finir par « pipeau – exister »…

Au Cirque des Roches Noires, lorsque revint le soir, la petite fille rencontra le petit renard des sables.

« Regarde » lui dit-elle, déroulant le tapis de danse… « Avec ça, petit renard, tu peux devenir une Star… Tu seras la Star du désert ! »

Et le petit renard, dont la truffe noire frémissait et la queue touffue battait le sable gris, dit à la petite fille :

« S’il te plaît, renroule le tapis et existe moi ! »

 

Questions…

 

Bleu de ton âme, où est ton ciel?

Gros toutou, quand tu fais « waouh waouh » très fort et très méchant, ne veux-tu pas en fait me dire bonjour?

Grosse vache, si, au lieu d’être brune, rousse ou blanche, tu étais bleue ou verte, est-ce que les limaces auraient des pattes? ¨

Pourquoi le petit oiseau ne vient-il pas picorer dans ma main alors qu’il y a plein de bonnes choses entre mes doigts?

Peux-tu être sale dans ton cœur avec un aussi joli visage?

Pourquoi le crapaud a-t-il si mauvaise presse?

Pourquoi c’est que les Huiles qui sont dans le journal et à la télé?

Pourquoi être né, puisqu’on doit crever?

S’il y a tant d’amour sur Terre, est-ce que c’est pas parce qu’il y a aussi tant de haine et de violence?

Est-ce qu’un curé ou une bonne sœur va forcément au Ciel?

Pourquoi une femme ou un homme peut dire « je t’aime » en te regardant tout droit dans les yeux et, le jour même ou un autre jour, être dans les bras d’un autre?

Est-ce que les ordinateurs qui ne bouffent ni du poulet Belge, ne boivent pas de Coca Cola, ne mangent ni de cochon ni de vache folle, peuvent te chier une pendule au milieu de l’écran?

Pourquoi le gros intestin d’une jolie fille bien habillée peut-il émettre d’aussi mauvais gaz que le trou de bale d’un vieux fonctionnaire à crâne d’œuf?

Pourquoi demain et pas aujourd’hui alors que demain je serai peut-être mort?

Pourquoi c’est si important, quatre sous de plus, pour un Riche?

Si les pauvres pouvaient devenir aussi riches que les riches, est-ce qu’ils feraient encore plus suer le burnous que les riches qui nous exploitent aujourd’hui?

Arriverait-on à dresser des singes comme on dresse encore, même après l’abolition de l’esclavage, des hommes?

Quand on met deux euros dans le Dada, pourquoi ça trémousse si peu de temps?

Et pourquoi d’ailleurs, être obligé de mettre tout le temps, deux euros dans le Dada?

Est-ce uniquement une question de rentabilité, de mettre deux euros dans le Dada?

Si ta tête ne m’a pas plu, pourquoi je te dis pas bonjour avec le même sourire qu’au joli visage qui m’a émerveillé?

Si l’Homme descend du Singe, pourquoi la Vache ne descendrait-elle pas de Pythagore?

Et si toutes ces vérités, ces repères, ces croyances, ces définitions, ces postulats, ces concepts, ces Humanusculeries… Ce n’était pas, en fait, pour nous voiler à tout prix cette incommensurable « Non Connaissance »?

La Religion, la Philosophie, la Science, la Politique… Ne seraient-elles que « croquettes pour toutous de meute »?

 

Lettre ouverte à ceux que j'emmerde...

 

... Lorsqu'ils tombent ou retombent sur moi.

 

Vous me trouvez confus, hiéroglyphique et rebelle... Et parfois dégoûtant avec mes histoires de lapin qu'on dépouille en tirant l'un la “veste” et l'autre le “pantalon”...

Je vous bassine avec mes “usines à gaz” et mes “alambiqueries” qui selon vous ne mènent à rien, et qui vous fatiguent comme une marche forcée entre les mêmes rangées d'arbres tordus...

... Tiens, vous me rappellez ce Lovisat, ce pupille de la Nation qui en 1968 au centre de tri postal PLM à la gare de Lyon où je débutais ma carrière de postier ; était comme on dit “ un simple”... La Poste l'avait embauché “liftier d'ascenseur” (comme si un liftier pouvait être autre chose que d'ascenseur – je ne m'excuse pas pour le pléonasme-)

Entre autres “fonctions”, ce Lovisat (toujours en vareuse et pantalon bleus, crâne d'oeuf à 28 ans et sa vareuse ouverte sur un maillot de corps blanc) dépoussiérait les sacs postaux, faisait au “Transit” (salle de tri des paquets pour toute la France) des “sups” (quand le sac “dégueulait”, Lovisat raccrochait un sac vide sur la batterie circulaire à l'intérieur de laquelle les trieurs faisaient “valser” les paquets)...

A la pause, à la cantine, il montait sur le comptoir du bar, se déculottait et montrait son cul à tout le monde en poussant de grands cris...

... Je voudrais dire tout de même ceci à propos de ce Lovisat :

Il lisait des livres, il avait de l'instruction, et j'ai eu avec lui des conversations...

Si je vous dis ça, à vous que j'emmerde, que je bassine, que je lasse (je ne m'excuse toujours pas pour le pléonasme)... C'est que dans ma mémoire, dans mon souvenir, pour ma “culture personnelle”... Les pitreries de ce Lovisat qui montrait son derrière par dérision, m'interpelaient alors davantage qu'aujourd'hui vos certitudes affichées le verbe haut ou sec...

... Alors, pour conclure – car pour une fois je serai bref – je vous balance ma tartine même pas beurrée à la figure... Mais si la Gestapo revenait (qui dit qu'elle ne revient pas)... J'irais jamais donner votre nom et votre adresse à la “komandantur”... Et pourtant, moi aussi vous m'emmerdez tout comme je vous emmerde...

 

Big Brother and Cie...

 

... De Carla, sur le forum de Nota Bene http://notabene.forumactif.com/ à la suite de “LIBERTE ENCADREE,FICHEE OU MUSELEE” :

 

J'ai recemment entendu parler d'une émission de radio sur une radio essentiellement écoutée par une population plutôt jeune - et, du coup je l'ai écoutée pour savoir si c'était aussi horrible que ce qu'on m'en avait dit - et c'était malheureusement le cas.

Il s'agit d'une émission où les animateurs proposent de vérifier en direct la sincérité des sentiments éprouvés par M. X ou Mle Y, quand Mle X ou M. Y ont des doutes. Pour être plus claire : "bonjour je m'appelle Samantha je sors avec Kevin depuis trois mois mais depuis qq jours il reçoit pleins de SMS et il ne veut pas me dire qui c'est, et il coupe son téléphone dès que celui-ci sonne, je voudrais pouvoir vérifier si il est vraiment sincère et qu'il n'aime que moi."

"Pas de problème (animateur de ladite radio), on va appeler Kévin, et se faire passer pour un fleuriste en lui faisant croire qu'il a gagné un bouquet de rose à envoyer à la personne de son choix. Tu es d'accord ? Si oui, tu dois dire clairement à l'antenne "moi, Samantha, je suis d'accord pour que la radio X appelle Kévin pour savoir s'il me trompe" (vous noterez l'hypocrisie de la prise de précaution de la radio, Ponce Pilate n'aurait pas fait mieux)."

"Moi, Samantha, etc, etc."

"Allo, ici le fleuriste RosesAtout'heure, je vous appelle..."

 

Bon, pas la peine de vous faire un dessin : Kevin était un peu surpris mais enchanté finalement, et a décidé d'accompagner le bouquet d'un petit mot "Pour mon bébé d'amour, Jessica".

Et Samantha qui se prend un rateau en pleine poire en "direct live" à l'antenne.

L'emission se poursuivait avec un nouvel appel à Kevin, pour le mettre en face de sa traîtrise ! Je ne sais pas comment ça s'est passé, j'étais tellement écoeurée que j'ai zappé.

 

Bref : liberté encadrée, fichée ou muselée : la question est dépassée.

Aujourd'hui Big Brother ce n'est plus une émanation d'un quelconque pouvoir (dictature, théocratie...) : ce sont les gens eux-mêmes, qui s'en vont gaiement surveiller leur petit(e) ami(e) au mépris de tout respect d'autrui, qui s'en vont joyeusement s'inscrire sur Facebook pour draguer ou surveiller les amis de leurs amis, qui s'en vont gentillement draguer sur Meetic en photoshopant leur photo afin de paraître 10 ans de moins, ce qui donnera à leur conjoint l'occasion de poser la question sur le forum "comment ça marche.com" : "qui pourrait m'aider à cracker les mots de passe de mon ami(e) ?"

 

J'en ai assez – à dire vrai c'est plus qu'un coup de poing sur la table mais une rage à déchirer et à piétiner ces kilomètres de pages sur le web où l'on expose sa vie privée, ses petits problèmes de merde genre coucheries avec l'un ou l'autre – oui j'en assez de cette inculture, de cette vulgarité, de cette médiocrité et de cette banalité ambiantes ; entretenues par les médias, chauffées à blanc par toutes sortes d'effets spéciaux, de prouesses technologiques en matière de mise en scène et de communication... J'en ai assez de ce qu'on fait de la liberté d'expression, de la manière dont on la traite pour affirmer qu'elle existe.

J'en ai assez de ce “Big Brother” désormais à la portée de tout un chacun, et qui permet de savoir si l'on est aimé ou pas, ce que l'autre pense, où et avec qui il va, ce qu'il fait, ce qu'il raconte...

Nous vivons – et cela s'accentue, s'infiltre, se répand, se généralise, s'officialise même – des temps de misère, de vraie misère, d'endémique misère : misère physique, misère intellectuelle, misère dans le travail, misère dans sa vie...

Est-ce possible une telle misère alors même qu'en dépit des restrictions budgétaires, de choix économiques et politiques aussi désastreux pour la culture, parviennent à se maintenir autant de petits théâtres, de petites scènes, de petits festivals ; arrivent à exister des artistes, des poètes, des gens, des groupes engagés, créatifs et motivés ?

L'on sent bien qu'il y a, en face de cette immense médiocrité générale, en face du pouvoir des gens qui nous dirigent, de la financiarisation et de la pression des médias, oui l'on sent bien qu'il y a en face de tout cela... comme de petites lumières rouges de ci de là sur une nappe de cendres et de scories...

Il y a bien là un vrai paradoxe entre d'une part l'immensité de l'inculture et d'autre part la force de ce qui tente d'exister contre l'inculture... Et le même paradoxe entre d'une part tout ce dont les gens peuvent profiter en matière de communication, d'information et de connaissances – et qui n'existait pas autrefois – et d'autre part tout ce qui isole et oppose les gens, tout ce qui produit obscurantisme, superstition, banalité, vulgarité – et qui ne devrait plus exister dans un monde aussi évolué scientifiquement, aussi différent de ce qu'il était avant -

Pourquoi les gens, et surtout les jeunes en particulier, sont-ils aujourd'hui “bardés de diplômes” et surinformés, et peuvent-ils avoir une si mauvaise expression écrite ou même parlée?

... “Big Brother” c'est peut-être pire qu'un flic idiot à la gâchette facile. J'appelle ça un “immense camp de concentration intellectuel” où pour pisser t'es obligé de montrer ta queue à la caméra, où pour penser t'es obligé d'aller dans la baraque à penser, et où tu peux si tu veux quand tu veux, filmer le pet que tu fais pour le mettre sur internet, et crocheter dans la vie intime de ton copain ou de n'importe qui...

...“Big Brother” c'est aussi terrible que l'Inquisition, les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans intégristes, les Khmers rouges, le Stalinisme, le Sionisme, le Capitalisme mondialisé, tous les flics et toutes les armées du monde, toutes les prisons et toutes les certitudes et béatitudes castratrices...

... Chez Big Brother, c'est vrai qu'il n'y a pas de vrais/vrais bûchers au sens de corps qui flambent sur des fagots, qu'il n' y a pas non plus des milliers de morts et de blessés comme dans les guerres avec des bombes et des mitrailleuses, qu'il n' y a pas de goulags ni de Guantanamo... Mais c'est “tout comme” d'une autre manière, d'une autre manière qui nous assassine à petit feu, nous pousse au suicide, nous fait crever de toutes sortes de maladies...

... Facebook (que je surnomme pour rire “face de bouc – et de boucque -” )... Devrait-être, conçu comme il l'a été, un “bon outil” de communication et un lien social, un lien entre les personnes, une possibilité pour les gens de “s'exister” et “d'exister” les autres... Mais on en fait une “machine d'inquisition”, une “usine” à produire des kilomètres de conneries insipides, de pets feu-d'artificiques ou incendiaires, une “boîte à drague”, un “lupanar” pseudo intellectuel, un kaléidoscope de fantasmes... C'est le sommet de l'hypocrisie, du chantage affectif et de l'égocentrisme, de l'”ennemour” à la puissance mille... Le “caviar” des “en manque”, des “givrés”, des “trouduks déguisés en génies”... Et dire que “'tout le monde y est”, sur Facebook : le citoyen lambda comme le présentateur télé, le président de la république ou même l'académicien!

... Les vrais forums littéraires semblent avoir passé leur “temps de gloire”, ce temps où les uns et les autres, animés de quelque esprit créatif, s'exprimaient et ouvraient des fils de discussion qui parfois duraient des semaines... Mais ces forums se “vident” peu à peu et ne sont plus visités que dans la mesure où ils offrent à leurs inscrits des services qui leur conviennent tout à fait personnellement, entre autres la possibilité de publier en ligne le bouquin qu'ils ont écrit... Et puis basta! Fini les échanges et les fils de discussion ou d'informations partagées! Désormais on fait des sites et des blogs, on fait son “univers personnel” et adieu les fils animés et intéressants!

Mais les sites et les blogs sont bien souvent des “annexes” satellisées autour de Facebook, la planète-soleil central qui illumine le Net. Et tapidansent à l'infini des récits plus ou moins intimes, truffés de sexe et sentant le foutre, des imprécations mille fois martelées sur son enclume, des textes où les mots les plus simples même sont orthographiés autrement qu'ils ne se prononcent, où pullulent les participés passés en “er” et autres laideurs, où tout comme dans le langage parlé on “bouffe” les syllabes, écorche les mots...

Et avec la folie des innovations de photoshop, la téléphonite à oreillettes où l'on reçoit à la seconde même les derniers potions de l'actualité des copains et des coquins et tous les “X” et tous les “boum/boum musicaux” et tous les clips à la mode et tous ces jeux à la con... Cela ne s'arrange pas dans le sens de la culture!

Quelle époque! Quelle époque, ça me pète l'âme! Et pourtant je continue à “y croire” !

... Ah, j'oubliais : il y a encore la voyance... Madame Sonia qui voit tout/sait tout et conseille utile, Psynocchio le faiseur de gagnants et le raccordeur d'âmes brisées!

 

 

 

 

 

 

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